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article publié sur lecloudanslaplanche.com
« Un p’tit air de mitard » 22 Janvier 2011
…/… Une femme hurle et gargouille dans la nuit noire, voici venir le boulet et son prévenu enchaîné : Riton Lambert, assassin présumé d’une épouse surprise en plein adultère, grand dévoreur de corn-flakes devant l’Eternel et le juge aussi bien, que défendra avec passion et force coups de glotte Me Lesvoiles, avocate comique d’office. D’ailleurs quare, mais quare ? quare – pardon, pourquoi n’a-t-il pas tué l’amant plutôt que sa femme, ou avec elle tant qu’à faire ?
Question d’hérédité, sans doute, pour un p’tit gars somme toute pas plus méchant que son Grand-Oncle Frédo qui, s’il fut voleur, assassin, sororicide, tabasseur, maître chanteur et l’on en passe, eut toujours de bonnes raisons pour cela. Né, de surcroît, de Simone W. épouse Lambert, ex-Mme Landru exerçant la belle profession de bouchère, et d’un gardien de phare amateur de négresses, quelque temps avant sa petite soeur Josacine (qu’ça tourne pas rond dans sa p’tite tête), et bientôt confié à Soeur Digitaline chez qui se réfugia, en d’autres temps, un autre Lambert en cavale sous les dehors d’une soeur Marie-Louise aux mémorables quarante ans. Euh, vous suivez ?…/…
Bonbon s’est fait une délectable spécialité de piocher dans le fond commun des chansons populaires ou oubliées pour en faire spectacle, à mi-chemin du théâtre et du tour de chant. Elle chanta les perles ; elle chanta Fréhel ; elle chante aujourd’hui le crime, endossant la toge d’un avocat emperruqué à l’anglaise (et les couleurs de Maya l’abeille) pour mieux entonner la défense d’un accordéoniste mal rasé au boulet surdimensionné.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’y a pas là de quoi se tirer une balle – tout juste risque-t-on de crever de rire. L’à-vodka de la défonce emprunte en effet au meilleur du crime chansonnier, jouant d’effets de gorge et de manches, de trémolos sur-pathétiques et de tessitures fantaisistes au possible tout en jouant la vieille dame, la petite fille ou la bonne soeur.
Cela seul ne serait déjà pas si mal. Comble de liesse, Bonbon fleurit sa plaidoirie d’un humour digne d’Alphonse Allais, Pierre Dac et consorts, où le calembour almanach-vermesque, l’holorime, la citation latine inopinée …/… sont là pour le simple bonheur de la trouvaille qui vous scotche façon double-face par son espiègle incongruité, sa gratuité à gros clin d’oeil. Qu’on y ajoute, chantilly sur le baba, une admirable capacité à bigler divergent lorsque le besoin s’en fait sentir et voici tous les ingrédients réunis pour passer un excellent procès, sans autre intention que celle de se boyauter jusqu’à en casser sa pipe.
La cause est entendue et l’ice-cream devrait payer. Acquittée.
-Jacques-Olivier Badia- (le clou dans la planche.com)
ca c’est de la critique !!!